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Marie-Aude MURAIL

INVITE
Littérature


Lauréate de Livre Mon ami 2009-11-09

Son intervention lors de la remise du trophée 2009 au Centre Culturel Tjibaou

« Dès le lendemain de mon arrivée à Nouméa, on m’a demandé mes impressions sur la Nouvelle-Calédonie… Voilà dix jours que je circule, que je regarde, que j’écoute, et ma conclusion, c’est celle-ci : je suis épatée.
Épatée par les CM2 d’Adrienne Lomont qui ont ponctué de rires ma lecture à haute voix, par les collégiens de Yaté qui m’attendaient en chansons, par ceux du collège Louise Michel de Païta qui avaient décidé d’adopter des mots en V, vital, valeur, vocation, vif-argent et n’oublions pas : voter, qui m’ont écrit des cartes postales timbrées à leur effigie pour m’inciter à voir le phare Amédée (c’est fait) et le centre culturel Tjibaou (m’y voici). J’ai été épatée, oui, par les 6èmes du collège Ste Marie de Païta qui avaient mis en scène chacun de mes pas, colliers à l’arrivée, danses mélanésiennes par des garçons plus virils que ça y a pas (les gloussements des filles en témoignaient), poème en acrostiche sur mon nom, pièce des théâtre et cadeaux d’adieu, à peine si on m’a laissé le temps de faire mon job. À Ouvéa, dos à l’église, face à la mer, j’ai vécu un moment magique.
Quelque 150 jeunes ont transformé mon petit 22 ! en bande dessinée, en danse sur le V, en poème aux allures de slam : « Passer ou trépasser ? Nous préférons outrepasser, car vivre sans une lettre de l’alphabet, c’est effacer aux mots toute leur beauté ».
À Koné, j’avais du courrier : « Je m’appelle Boris Guichard et j’ai 11 ans, j’ai adoré votre livre Dinky rouge sang, je l’ai lu en une soirée, j’étais littéralement absorbé. Et j’ai tellement aimé votre livre que cela m’a donné envie d’être écrivain, je crois que ça demande beaucoup de travail mais donne aussi beaucoup de plaisir. » Boris, je te dirai ce que m’a dit un jour mon prof de faculté : « J’attends de trouver tes livres en librairie ». À Népoui, la documentaliste avait trouvé comment associer les plus grands à l’opération Livre mon ami, car ce sont les 5èmes qui ont donné la comédie aux plus jeunes en mettant en scène la SPMM, la société protectrice des mots et des métiers.
Et puis il y a eu les petits CM2 de Népoui. Je me suis crue dans une classe Freinet où chaque gosse sait ce qu’il a à faire, parle en te regardant dans les yeux, chante en sachant placer sa voix, lit en mettant le ton. En entrant dans cette classe, j’ai eu le temps de happer sur le tableau noir la leçon du matin. Voix active, voix passive. Je leur ai dit :
- Les enfants de Népoui ont accueilli Marie-Aude Murail. Mettez-moi ça à la voix passive. Et eux au quart de tour :
- Marie-Aude Murail a été accueillie par les enfants de Népoui.
Les CM2 de Népoui, ils ont tout bon. Et les gosses de Hienghène qui sont arrivés jusqu’à moi, épuisés d’avoir fait la transversale en autocar, ils ont encore eu le courage de m’écouter et ils m’ont laissé leurs textes dont l’un disait :
« La vérité comme le mensonge, ça fait mal. M’aimeras-tu encore si je te la dis ? » Ils ont dix, onze ans, ils trouvent déjà leurs mots parce qu’ils se sont déjà frottés aux livres.
Et ce sont les collégiens de Plum qui m’ont posé LA question, celle qui résume toutes celles qu’on m’a posées :
- Pourquoi écrivez-vous ?
Et à Plum, j’ai répondu comme Jean-Paul Sartre dont j’ai relu Les mots dans ma chambre d’hôtel à Nouméa :
- J’écris pour être lue.
Mais je n’imaginais pas en écrivant 22 ! dans ma chambre à Orléans que je serais lue en Nouvelle-Calédonie par des farfelus qui me mettraient dans une sélection, celle de Livre mon ami, et que ces mêmes farfelus me feraient lire par plus de 9000 enfants d’ici. À la vérité, quand on m’a prévenue que j’étais en lice avec dix autres auteurs, j’ai mis la lettre sous une pile sans y croire. La Nouvelle-Calédonie, c’était bien loin, loin comme mes 20 ans quand je chantais : « Il vaudrait bien mieux partir, s’en aller d’ici, partir, et foutre le camp en Calédonie »… Alors, quand j’ai reçu le coup de fil de Brigitte Simon qui m’a avertie : « C’est vous, les enfants vous ont choisie », ça a été un peu la panique à bord et le branle-bas de combat. J’ai tout fait pour venir, et venir en famille. Je n’ai pas pu rencontrer mes 9000 lecteurs, mais ceux que j’ai rencontrés, ils m’ont épatée. Tout simplement, parce que les enfants d’ici, vos enfants, sont épatants, et ils l’ont encore prouvé aujourd’hui. À eux, à leurs enseignants, bravo, à Livre, mon ami, à ceux qui sponsorisent l’opération et aux médias qui donnent de la visibilité à tout ce travail souterrain, merci. »

… à ce discours, j’ajouterai que le meilleur était encore à venir puisque je suis ensuite allée au collège Georges Baudoux, et à celui de Porte de fer ainsi qu’à l’école Charbonneaux. Je n’ai pas souvenir d’avoir vu en métropole de rencontres mieux préparées. J’ai fait provision d’images et d’émotions pour traverser l’hiver orléanais et j’ai quitté les enfants avec leur refrain dans la tête : « Mais où que je sois, où que m’emmènent mes pas, mon cœur est en Calédonie ».

Marie-Aude Murail Nouméa, 28 octobre 2009 – Orléans, 4 novembre 2008
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Métaphysique de profil

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C’est l’histoire d’une rencontre. Août 2009. Festival de la bande dessinée de Boulouparis. Quelques écrivains dédicacent Sillages d’Océanie. En face d’eux, un stand où officie un grand barbu rigolard,entouré de Pinocchio océaniens, têtes en noix de coco, corps de bois sveltes, sculptés dans les moindres détails. Une évidence s’impose. Entre le poète qui signe à ma gauche son Dead can dance et ce Gepetto décomplexé, une rencontre est sans doute possible : même sens de la dérision, retournée contre soi, même amour des mots et du monde. De leur poésie réciproque, naîtra une douceur bien loin du sarcasme.
Coquineries et non-sens. Dès les premiers traits, les deux compères se donnent le mot : « Sus au Sage ! » Oui, foin de cette philosophie qui alourdit tout et ne laisse pas d’espoir. Cet humour-là, au contraire est une clairvoyance, une légèreté pour vaincre l’encerclement et la peur. Alors si vous pensez, à l’instar du vieil Anatole, que « sans l'ironie, le monde serait comme une forêt sans oiseaux », ouvrez ce livre, voyez comme cela chante.

LIEN ET SÉPARATION FAMILIALE DE L'ENFANT KANAK

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En règle générale, l'enfant kanak qui réussit à l'école, c'est
celui qui a su faire le lien entre ses propres implicites et
ceux de l'école. Or le grand dilemme qui fait retrancher
chacun sur la défensive en termes de culture dominante,
c'est de faire croire que l'école véhicule la « vraie grande
culture » tandis que la culture de l'enfant est considérée
comme une « sub-culture ». De fait, à vouloir trop
privilégier la culture de l'école au détriment de la culture
de l'enfant, on finit par cultiver le mépris, la méfiance des
parents vis-à-vis de l'institution scolaire.
C'est le grand défi de ce nouveau siècle à relever en tant
que professionnel pour concilier cette dichotomie.Ainsi,
on pourra parler d'un réel partenariat, d'une synergie
concertée entre la famille et l'école puisque l'enfant sera au
coeur du système.On ne le prendra plus dans l'abstrait,mais
on le considérera réellement tel qu'il est avec ses différences
et ses gains.
Auteur : Luc Camoui

Gazette de la belle époque

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Gazette de la belle époque

1904 de Jean-Marie CREUGNET


L'année 1904 ressemble étrangement aux précédentes

au point de vue politique. Les gens avaient espéré que

le nouveau gouverneur serait différent de ses prédécesseurs,

il n'en fut rien. La colonie continuait à s'enfoncer dans le

marasme économique et la métropole ne levait pas le

petit doigt pour l'aider à s'en sortir. La Belle époque vivait

en Nouvelle Calédonie les derniers soubressauts d'une

fantaisie importée de la mère patrie, qui n'avait plus de

raison de perdurer.

Les " colons " du XIXème siècle laissaient la place à la

première génération de Calédoniens élevés à la dur, pour

qui le joug de la métropole commençait à blesser à l'encolure.

Pue Tiu, Au Cœur de la Parole

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Une forme interculturelle de l'Echange « Pue Tiu, Au Cœur de la Parole »


« Pue Tiu, Au Cœur de la Parole » reformule la permanence orale des civilisations Kanak et met en exergue une Singularité formulée sous la forme d'un Universel.
Bien que situées dans la contemporalité citoyenne, les poésies « Pue Tiu, Au Cœur de la Parole » vont au cœur des choses; les infinités de l'Essentialité: Être. Liberté. Bonheur.
« Pue tiu, Au Cœur de la Parole » contribue à la réciprocité et à l'échange entre des cultures, à savoir des Universels Singuliers Différenciés.


La Tarodière

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Dans le Pacifique, le taro d’eau est un élément de l’humidité, une nourriture de bonne santé, un plant de partage et de consommation. Denis Pourawa nous laisse ici parcourir ses terres kanak où chaque pas, chaque plan sont une étape entre l’homme ancestral et l’homme inscrit dans son temps. Progressivement, l’évidence de l’action s’impose face à la contemplation. Denis Pourawa se révèle bien ici comme un auteur majeur de la nouvelle génération. De cette génération qui a choisi avec force la moderne complexité d’une écriture de combat et d’une libre parole. Comme glisse une goutte d’eau sur la feuille du taro, la fureur tranquille de Denis Pourawa nous entraîne à nourrir notre propre jardin.

Les arbres et les rochers se partagent la montagne

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Prix Antonio Viccaro 2008.
La poésie de Nicolas Kurtovitch est une étrange rumeur, le bruit d’une île, la parole d’une terre partagée. C’est sûrement ce mélange entre conscience d’un exil et recherche d’une place juste qui fait que son écriture résonne tant en nous. Ce « nous » universel et pluriel qui nous interroge sans cesse dans notre quotidien singulier. C’est de cette matière qu’est faite la poésie de Nicolas Kurtovitch?: une glaise où chaque homme trouve à façonner son quotidien pour construire son existence.
ASSOCIATION DES ECRIVAINS DE NOUVELLE-CALEDONIE
- 8 rue Paul Monchovet, Pointe Brunelet - 98800 Nouméa - Nouvelle-Calédonie -
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