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Dans ce vingt-deuxième opus Bernard Berger donne un souffle nouveau à
sa célèbre série de La Brousse en Folie. Ce changement est annoncé
par la couverture : plus sobre et d'un graphisme qui renvoie aux
"illustrés" de l'âge d'or de la bande dessinée. Il y a un peu de
Tintin d'Hergé, un peu Bicot de Martin Branner, un peu de notre
enfance là-dedans. Ce détail a son importance, nous le verrons. Un
autre changement : on passe à à 52 planches au lieu des 46
habituelles aux éditions actuelles. Pourquoi plus de pages? On le
découvre en le lisant : l'auteur nous emmène dans quelque chose très
drôle mais bourrée de réflexions sur notre lien au "patrimoine".
Tonton Marcel devra remettre en état une vieille maison coloniale de
Nouméa, la capitale, s'il veut bénéficier d'un héritage. Passé,
présent et futur vont s'entrechoquer au sens propre comme au sens
figuré dans challenge qui nous fait découvrir de nouveaux personnages
folichons.
On s'amuse énormément dans un récit à plusieurs étages. Si les jeunes
lecteurs s'amuseront des facéties d'une vache fugueuse, les adultes
percevront derrière des larmes de rires une satire de notre société
tiraillé entre les intérêts d'un pseudo-patrimoine et ceux, plus
lucratifs, d'une pseudo-modernité. Le clin d'oeil de la couverture
dont nous parlions: l'ancien et le moderne. Rire et engagement sont
les instruments de cette BD typiquement calédonienne qui a réussi
pourtant à dépasser les frontières du récif.