IMASANGO

IMASANGO est poète, née à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie.

Dès l’âge de 17 ans, elle quitte son île pour étudier et voyager. Ses études la conduisent en France, en Espagne, en Amérique du Sud et la plongent dans la vie artistique des grandes villes. Elle revient s’installer en Nouvelle-Calédonie pour retrouver les racines de son métissage, et participer à la construction de son pays.

Son parcours en écriture est assez atypique. Elle a d’abord souhaité exposer ses mots sous forme de poésie visuelle, estampes numériques et tableaux, pour les offrir tel un livre aux pages ouvertes, à la portée de tous dans la cité. L’écriture, vécue comme engagement pour transmettre et partager, apparait alors tel un signe vivant, un geste, une présence artistique silencieuse . Puis, sur cette terre de tradition orale, c’est dans la magie de l’oralité qu’elle enracine son souffle et son Verbe en poursuivant son engagement. Elle propose sa poésie en musique en public, enseigne en milieu scolaire défavorisé, participe à un projet de prévention de l’illettrisme, elle lit et expose ses poèmes dans les bus urbains de Nouméa. Mêlant lyrisme et engagement, elle pose un regard sans faux-semblant et bienveillant sur la société calédonienne post-coloniale, en chemin vers son avenir.
Imasango est agrégée d’espagnol, auteure de plusieurs ouvrages, présente dans diverses revues et anthologies.

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Imasango est l’auteure de plusieurs recueils, où sa poésie entre volontiers en correspondance avec d’autres formes d’art.  Elle est également présente dans plusieurs anthologies, notamment Outremer – Trois océans en poésie, Enfances, La poésie au cœur des arts, Chants du métissage, Quand on n’a que l’amour, aux Éditions Bruno Doucey, où est édité son recueil Pour tes mains sources. Elle signe également une nouvelle dans Partir sans passeport, aux Éditions Desnel et divers livres d’artistes illustrés par Robert Lobet aux Éditions de La Margeride : Le baiser des pas de nos silences, Le poète est nomade, Le souffle du silence, Arbre.
Impliquée, voire à l’origine de projets ayant pour ligne de force le partage des cultures et la promotion d’une poésie à la portée de tous, elle propose des performances dans les espaces publics accompagnée de divers musiciens, ou des récitals de poésie accompagnée au violoncelle par Mathieu Monneret. Elle n’hésite pas à mettre le poème en mouvement lors de performances de poésie perceptive, poésie du geste, poésie dansée, où elle donne à voir et entendre une poésie qui pour elle, continue fondamentalement d’être faite pour être incarnée.
Avec sa poésie, Imasango nous guide également à travers des paysages intérieurs enracinés en terre kanak, où les gestes fondateurs, le respect de la parole donnée, rappellent que sur l’île, la coutume, le don et le contre don, sont des valeurs fondamentales et des passerelles incontournables de communication. Ainsi est née sa poésie murmurée au Riaguri Nô, un bâton de parole, pour transmettre, partager le poème dans l’intime. Lors de performances, en échange de trois mots, elle offre au donneur de mots, son poème en murmure à l’oreille. Le partage est toujours unique et extraordinaire. Murmurer est aussi une façon de transmettre.

Bibliographie

BIBLIOGRAPHIE 

  • En chemin, poésie, Editions La Main qui parle, Nouméa, 2001
  • Pour tes mains sources, poésie, Editions Bruno Doucey, Paris, 2011
  • Le poème est nomade, Livre d’artiste numéroté et signé en collaboration avec Robert Lobet, Editions La Margeride, Nîmes, 2013.
  • Le baiser des pas de nos silences, Livre d’artiste numéroté et signé, en collaboration avec Robert Lobet, Editions La Margeride, Nîmes, 2013.
  • Se donner le pays, Parole jumelle, poésie, co-écrit avec Déwé Gorodé, Editions Bruno Doucey, Paris, 2016.
  • Le souffle du silence, Editions La Margeride, Nîmes, 2016.
  • Por tus manos manantiales / Pour tes mains sources, Préface d’Antonio Carvajal, Entornográfico ediciones, Grenade, 2017.
  • Arbre, Editions La Margeride, Nîmes, 2018.

Extraits

Être poète n’est pas
Mon but
C’est ma façon de
Croquer le monde
En le nommant

Je parcours les silences
En quelques traits
De plume
Je mets
Le vivant
À vif

Sur les silences habités
De la page
Ce non-lieu
Ce tout monde
Qui me colle à la peau
Je scalpelise
Les futurs au présent double

J’écris pour l’homme
Ses forces
Ses faiblesses
Ses démesures

J’écris pour
Le quotidien banal
Sur l’empan de ma main
Quelques mots
Tendus
Comme une coupe
D’eau fraîche
Pour l’amour

J’écris pour
Une captivité
Libre
De toute chaîne
J’écris l’impatience
De ma bouche
Les volcans
De mes pas
Les errances
Immobiles
Les trèfles à
Dix-huit feuilles
Le ciel pour
Insomniaques
Les escadrons de
Roses
Les doutes
Que l’on escorte
Les fers
Les soies
Du cœur

J’écris
J’espère
Je veux sur l’horizon
Lire
L’espace
Planté de sève